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Mercredi 30 août 2006
Ici je vous présente "la dernière classe" d'Alphonse Daudet. Un texte très connu en Chine puisqu'il est sélectionné dans le manuel scolaire à partir des années soixante donc tous les collégiens sont obligés de le lire. Il s'agit d'une très bonne réflexion de patriotisme, une idéologie très importante à unifier un pays si grand et si vaste comme la Chine.
J'ai parlé avec quelques Français et il me semble que ce texte ne soit pas aussi connu en France, moins que les autres ouvrages du même auteur. Cependant je le trouve une très bonne écriture, et je vous le présente ici..

En l'an 1871, suite à la défaite française dans la guerre contre les Prussiens, La France céda l'Alsace et la Lorraine aux envahisseurs qui les eurent occupées lors de la guerre. Pour contrôler ces régions qui appartinrent à la France depuis longtemps, l'empire allemand ordonnèrent aux écoles alsaciennes et lorraines de ne plus enseigner la langue française.  Bien que la plupart de la population parlât une langue maternelle essentiellement germanique, ils trouvèrent la France comme leur patrie.

Voici le texte, bonne lecture!!


La Dernière Classe  - Alphonse Daudet


Ce matin-là j'étais très en retard pour aller à l'école, et j'avais grand-peur d'être grondé, d'autant que M. Hamel nous avait dit qu'il nous interrogerait sur les participes, et je n'en savais pas le premier mot. Un moment l'idée me vint de manquer la classe et de prendre ma course à travers champs.

Le temps était si chaud, si clair.

On entendait les merles siffler à la lisière du bois, et dans le pré Rippert derrière la scierie, les Prussiens qui faisaient l'exercice. Tout cela me tentait bien plus que la règle des participes; mais j'eus la force de résister, et je courus bien vite vers l'école.

En passant devant la mairie, je vis qu'il y avait du monde arrêté près du petit grillage aux affiches. Depuis deux ans, c'est de là que nous sont venues toutes les mauvaises nouvelles, les batailles perdues, les réquisitions, les ordres de commandature; et je pensai sans m'arrêter:

«Qu'est-ce qu'il y a encore?»

Alors, comme je traversais la place en courant, le forgeron Wachter, qui était là avec son apprenti en train de lire l'affiche, me cria:

--«Ne te dépêche pas tant, petit; tu y arriveras toujours assez tôt à ton école!»

Je crus qu'il se moquait de moi, et j'entrai tout essoufflé dans la petite cour de M. Hamel.

D'ordinaire, au commencement de la classe, il se faisait un grand tapage qu'on entendait jusque dans la rue, les pupitres ouverts, fermés, les leçons qu'on répétait très haut tous ensemble en se bouchant les oreilles pour mieux apprendre, et la grosse règle du maître qui tapait sur les tables:

«Un peu de silence!»

Je comptais sur tout ce train pour gagner mon banc sans être vu; mais justement ce jour-là tout était tranquille, comme un matin de dimanche. Par la fenêtre ouverte, je voyais mes camarades déjà rangés à leurs places, et M. Hamel, qui passait et repassait avec la terrible règle en fer sous le bras. Il fallut ouvrir la porte et entrer au milieu de ce grand calme. Vous pensez, si j'étais rouge et si j'avais peur!

Eh bien, non. M. Hamel me regarda sans colère et me dit très doucement:

«Va vite à ta place, mon petit Frantz; nous allions commencer sans toi.»

J'enjambai le banc et je m'assis tout de suite à mon pupitre. Alors seulement, un peu remis de ma frayeur, je remarquai que notre maître avait sa belle redingote verte, son jabot plissé fin et la calotte de soie noire brodée qu'il ne mettait que les jours d'inspection ou de distribution de prix. Du reste, toute la classe avait quelque chose d'extraordinaire et de solennel. Mais ce qui me surprit le plus, ce fut de voir au fond de la salle, sur les bancs qui restaient vides d'habitude, des gens du village assis et silencieux comme nous, le vieux Hauser avec son tricorne, l'ancien maire, l'ancien facteur, et puis d'autres personnes encore. Tout ce monde-là paraissait triste; et Hauser avait apporté un vieil abécédaire mangé aux bords qu'il tenait grand ouvert sur ses genoux, avec ses grosses lunettes posées en travers des pages.

Pendant que je m'étonnais de tout cela, M. Hamel était monté dans sa chaire, et de la même voix douce et grave dont il m'avait reçu, il nous dit:

«Mes enfants, c'est la dernière fois que je vous fais la classe. L'ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l'allemand dans les écoles de l'Alsace et de la Lorraine... Le nouveau maître arrive demain. Aujourd'hui c'est votre dernière leçon de français. Je vous prie d'être bien attentifs.»

Ces quelques paroles me bouleversèrent. Ah! les misérables,voilà ce qu'ils avaient affiché à la mairie.

Ma dernière leçon de français!...

Et moi qui savais à peine écrire! Je n'apprendrais donc jamais! Il faudrait donc en rester là!... Comme je m'en voulais maintenant du temps perdu, des classes manquées à courir les nids ou à faire des glissades sur la Saar! Mes livres que tout à l'heure encore je trouvais si ennuyeux, si lourds à porter, ma grammaire, mon histoire sainte me semblaient à présent de vieux amis qui me feraient beaucoup de peine à quitter. C'est comme M. Hamel. L'idée qu'il allait partir, que je ne le verrais plus me faisait oublier les punitions et les coups de règle.

Pauvre homme!

C'est en l'honneur de cette dernière classe qu'il avait mis ses beaux habits du dimanche, et maintenant je comprenais pourquoi ces vieux du village étaient venus s'asseoir au bout de la salle. Cela semblait dire qu'ils regrettaient de ne pas y être venus plus souvent, à cette école. C'était aussi comme une façon de remercier notre maître de ses quarante ans de bons services, et de rendre leurs devoirs à la patrie qui s'en allait...

J'en étais là de mes réflexions, quand j'entendis appeler mon nom. C'était mon tour de réciter. Que n'aurais-je pas donné pour pouvoir dire tout au long cette fameuse règle des participes, bien haut, bien clair, sans une faute; mais je m'embrouillai aux premiers mots, et je restai debout à me balancer dans mon banc, le coeur gros, sans oser lever la tête. J'entendais M. Hamel qui me parlait:

«Je ne te gronderai pas, mon petit Frantz, tu dois être assez puni... voilà ce que c'est. Tous les jours on se dit: Bah! j'ai bien le temps. J'apprendrai demain. Et puis tu vois ce qui arrive... Ah! ç'a été le grand malheur de notre Alsace de toujours remettre son instruction à demain. Maintenant ces gens-là sont en droit de nous dire: Comment! Vous prétendiez être Français, et vous ne savez ni parler ni écrire votre langue!... Dans tout ça, mon pauvre Frantz, ce n'est pas encore toi le plus coupable. Nous avons tous notre bonne part de reproches à nous faire.

«Vos parents n'ont pas assez tenu à vous voir instruits. Ils aimaient mieux vous envoyer travailler à la terre ou aux filatures pour avoir quelques sous de plus. Moi-même n'ai-je rien à me reprocher? Est-ce que je ne vous ai pas souvent fait arroser mon jardin au lieu de travailler? Et quand je voulais aller pêcher des truites, est-ce que je me gênais pour vous donner congé?...»

Alors d'une chose à l'autre, M. Hamel se mit à nous parler de la langue française, disant que c'était la plus belle langue du monde, la plus claire, la plus solide: qu'il fallait la garder entre nous et ne jamais l'oublier, parce que, quand un peuple tombe esclave, tant qu'il tient sa langue, c'est comme s'il tenait la clef de sa prison... Puis il prit une grammaire et nous lut notre leçon. J'étais étonné de voir comme je comprenais. Tout ce qu'il disait me semblait facile, facile. Je crois aussi que je n'avais jamais si bien écouté, et que lui non plus n'avait jamais mis autant de patience à ses explications. On aurait dit qu'avant de s'en aller le pauvre homme voulait nous donner tout son savoir, nous le faire entrer dans la tête d'un seul coup.

La leçon finie, on passa à l'écriture. Pour ce jour-là, M. Hamel nous avait préparé des exemples tout neufs, sur lesquels était écrit en belle ronde: France, Alsace, France, Alsace. Cela faisait comme des petits drapeaux qui flottaient tout autour de la classe pendu à la tringle de nos pupitres. Il fallait voir comme chacun s'appliquait, et quel silence! on n'entendait rien que le grincement des plumes sur le papier. Un moment des hannetons entrèrent; mais personne n'y fit attention, pas même les tout petits qui s'appliquaient à tracer leurs bâtons, avec un coeur, une conscience, comme si cela encore était du français... Sur la toiture de l'école, des pigeons roucoulaient bas, et je me disais en les écoutant:

«Est-ce qu'on ne va pas les obliger à chanter en allemand, eux aussi?»

De temps en temps, quand je levais les yeux de dessus ma page, je voyais M. Hamel immobile dans sa chaire et fixant les objets autour de lui comme s'il avait voulu emporter dans son regard toute sa petite maison d'école... Pensez! depuis quarante ans, il était là à la même place, avec sa cour en face de lui et sa classe toute pareille. Seulement les bancs, les pupitres s'étaient polis, frottés par l'usage; les noyers de la cour avaient grandi, et le houblon qu'il avait planté lui-même enguirlandait maintenant les fenêtres jusqu'au toit. Quel crêve-coeur ça devait être pour ce pauvre homme de quitter toutes ces choses, et d'entendre sa soeur qui allait, venait, dans la chambre au-dessus, en train de fermer leurs malles! car ils devaient partir le lendemain, s'en aller du pays pour toujours.

Tout de même il eut le courage de nous faire la classe jusqu'au bout. Après l'écriture, nous eûmes la leçon d'histoire; ensuite les petits chantèrent tous ensemble le BA BE BI BO BU. Là-bas au fond de la salle, le vieux Hauser avait mis ses lunettes, et, tenant son abécédaire à deux mains, il épelait les lettres avec eux. On voyait qu'il s'appliquait lui aussi; sa voix tremblait d'émotion, et c'était si drôle de l'entendre, que nous avions tous envie de rire et de pleurer. Ah! je m'en souviendrai de cette dernière classe...

Tout à coup l'horloge de l'église sonna midi, puis l'Angelus. Au même moment, les trompettes des Prussiens qui revenaient de l'exercice éclatèrent sous nos fenêtres... M. Hamel se leva, tout pâle, dans sa chaire. Jamais il ne m'avait paru si grand.

«Mes amis, dit-il, mes amis, je... je... »

Mais quelque chose l'étouffait. Il ne pouvait pas achever sa phrase.

Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie, et, en appuyant de toutes ses forces, il écrivit aussi gros qu'il put:

«VIVE LA FRANCE!»

Puis il resta là, la tête appuyée au mur, et, sans parler, avec sa main il nous faisait signe:

«C'est fini...allez-vous-en.»
Par Gunncyclopédie
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Mardi 10 octobre 2006
Je crois que tout le monde connaît ce grand écrivain français du 19eme siècle, qui nous a laissé beaucoup de comtes, de nouvelles et de romans. Ses ouvrages nous permettent de comprendre les gens ordinaires dans la société française capitaliste à l'époque, parmi lesquels  'Boule de Suif', 'Bel-Ami', 'le Horla' sont les plus connus.. En Chine, deux contes de lui sont obligatoire pour les collégiens à lire: 'Mon Oncle Jules' et 'la Parure'.
Le manuel scolaire interprète ces histoires comme reflets de société étrange au capitalisme.. Bah vous savez comment les communistes font la propagande.

Voici je vous présente 'Mon Oncle Jules', bonne lecture!

MON ONCLE JULES

 

 

A M. Achille Bénouville.    


    Un vieux pauvre, à barbe blanche, nous demanda l'aumône. Mon camarade Joseph Davranche lui donna cent sous. Je fus surpris. Il me dit :
    - Ce misérable m'a rappelé une histoire que je vais te dire et dont le souvenir me poursuit sans cesse. La voici :
    Ma famille, originaire du Havre, n'était pas riche. On s'en tirait, voilà tout. Le père travaillait, rentrait tard du bureau et ne gagnait pas grand-chose. J'avais deux soeurs.
    Ma mère souffrait beaucoup de la gêne où nous vivions, et elle trouvait souvent des paroles aigres pour son mari, des reproches voilés et perfides. Le pauvre homme avait alors un geste qui me navrait. Il se passait la main ouverte sur le front, comme pour essuyer une sueur qui n'existait pas, et il ne répondait rien. Je sentais sa douleur impuissante. On économisait sur tout ; on n'acceptait jamais un dîner, pour n'avoir pas à le rendre ; on achetait les provisions au rabais, les fonds de boutique. Mes soeurs faisaient leurs robes elles-mêmes et avaient de longues discussions sur le prix du galon qui valait quinze centimes le mètre. Notre nourriture ordinaire consistait en soupe grasse et boeuf accommodé à toutes les sauces. Cela est sain et réconfortant, parait-il ; j'aurais préféré autre chose.
    On me faisait des scènes abominables pour les boutons perdus et les pantalons déchirés.
    Mais chaque dimanche nous allions faire notre tour de jetée en grande tenue. Mon père, en redingote, en grand chapeau, en gants, offrait le bras à ma mère, pavoisée comme un navire un jour de fête. Mes soeurs, prêtes les premières, attendaient le signal du départ ; mais, au dernier moment, on découvrait toujours une tache oubliée sur la redingote du père de famille, et il fallait bien vite l'effacer avec un chiffon mouillé de benzine.
    Mon père, gardant son grand chapeau sur la tête, attendait, en manches de chemise, que l'opération fût terminée, tandis que ma mère se hâtait, ayant ajusté ses lunettes de myope, et ôté ses gants pour ne les pas gâter.
    On se mettait en route avec cérémonie. Mes soeurs marchaient devant, en se donnant le bras. Elles étaient en âge de mariage, et on en faisait montre en ville. Je me tenais à gauche de ma mère, dont mon père gardait la droite. Et je me rappelle l'air pompeux de mes pauvres parents dans ces promenades du dimanche, la rigidité de leurs traits, la sévérité de leur allure. Ils avançaient d'un pas grave, le corps droit, les jambes raides, comme si une affaire d'une importance extrême eût dépendu de leur tenue.
    Et chaque dimanche, en voyant entrer les grands navires qui revenaient de pays inconnus et lointains, mon père prononçait invariablement les mêmes paroles :
    - Hein ! si Jules était là-dedans, quelle surprise ! Mon oncle Jules, le frère de mon père, était le seul espoir de la famille, après en avoir été la terreur. J'avais entendu parler de lui depuis mon enfance, et il me semblait que je l'aurais reconnu du premier coup, tant sa pensée m'était devenue familière. Je savais tous les détails de son existence jusqu'au jour de son départ pour l'Amérique, bien qu'on ne parlât qu'à voix basse de cette période de sa vie.
    Il avait eu, parait-il, une mauvaise conduite, c'est-à-dire qu'il avait mangé quelque argent, ce qui est bien le plus grand des crimes pour les familles pauvres. Chez les riches, un homme qui s'amuse fait des bêtises. Il est ce qu'on appelle en souriant, un noceur. Chez les nécessiteux, un garçon qui force les parents à écorner le capital devient un mauvais sujet, un gueux, un drôle !
    Et cette distinction est juste, bien que le fait soit le même, car les conséquences seules déterminent la gravité de l'acte.
    Enfin l'oncle Jules avait notablement diminué l'héritage sur lequel comptait mon père ; après avoir d'ailleurs mangé sa part jusqu'au dernier sou.
    On l'avait embarqué pour l'Amérique, comme on faisait a lors, sur un navire marchand allant du Havre à New York.
    Une fois là-bas, mon oncle Jules s'établit marchand de je ne sais quoi, et il écrivit qu'il gagnait un peu d'argent et qu'il espérait pouvoir dédommager mon père du tort qu'il lui avait fait. Cette lettre causa dans la famille une émotion profonde. Jules, qui ne valait pas, comme on dit, les quatre fers d'un chien, devint tout à coup un honnête homme, un garçon de coeur, un vrai Davranche, intègre comme tous les Davranche.
    Un capitaine nous apprit en outre qu'il avait loué une grande boutique et qu'il faisait un commerce important.
    Une seconde lettre, deux ans plus tard, disait : "Mon cher Philippe, je t'écris pour que tu ne t'inquiètes pas de ma santé, qui est bonne. Les affaires aussi vont bien. Je pars demain pour un long voyage dans l'Amérique du Sud. Je serai peut-être plusieurs années sans te donner de mes nouvelles. Si je ne t'écris pas, ne sois pas inquiet. Je reviendrai au Havre une fois fortune faite. J'espère que ce ne sera pas trop long, et nous vivrons heureux ensemble... "
    Cette lettre était devenue l'évangile de la famille. On la lisait à tout propos, on la montrait à tout le monde.
    Pendant dix ans en effet, l'oncle Jules ne donna plus de nouvelles ; mais l'espoir de mon père grandissait à mesure que le temps marchait ; et ma mère disait souvent :
    - Quand ce bon Jules sera là, notre situation changera. En voilà un qui a su se tirer d'affaire !
    Et chaque dimanche, en regardant venir de l'horizon les gros vapeurs noirs vomissant sur le ciel des serpents de fumée, mon père répétait sa phrase éternelle :
    - Hein ! si Jules était là-dedans, quelle surprise !
    Et on s'attendait presque à le voir agiter un mouchoir, et crier :
    - Ohé ! Philippe.
    On avait échafaudé mille projets sur ce retour assuré ; on devait même acheter, avec l'argent de l'oncle, une petite maison de campagne près d'Ingouville. Je n'affirmerais pas que mon Père n'eût point entamé déjà des négociations à ce sujet.
    L'aînée de mes soeurs avait alors vingt-huit ans ; l'autre vingt-six. Elles ne se mariaient pas, et c'était là un gros chagrin pour tout le monde.
    Un prétendant enfin se présenta pour la seconde. Un employé, pas riche, mais honorable. J'ai toujours eu la conviction que la lettre de l'oncle Jules, montrée un soir, avait terminé les hésitations et emporté la résolution du jeune homme.
    On l'accepta avec empressement, et il fut décidé qu'après le mariage toute la famille ferait ensemble un petit voyage à Jersey.
    Jersey est l'idéal du voyage pour les gens pauvres. Ce n'est pas loin ; on passe la mer dans un paquebot et on est en terre étrangère, cet îlot appartenant aux Anglais. Donc, un Français, avec deux heures de navigation, peut s'offrir la vue d'un peuple voisin chez lui et étudier les moeurs, déplorables d'ailleurs, de cette île couverte par le pavillon britannique, comme disent les gens qui parlent avec simplicité.
    Ce voyage de Jersey devint notre préoccupation, notre unique attente, notre rêve de tous les instants.
    On partit enfin. Je vois cela comme si c'était d'hier : le vapeur chauffant contre le quai de Granville ; mon père, effaré, surveillant l'embarquement de nos trois colis ; ma mère inquiète ayant pris le bras de ma soeur non mariée, qui semblait perdue depuis le départ de l'autre, comme un poulet resté seul de sa couvée ; et, derrière nous, les nouveaux époux qui restaient toujours en arrière, ce qui me faisait souvent tourner la tête.
    Le bâtiment siffla. Nous voici montés, et le navire, quittant la jetée, s'éloigna sur une mer plate comme une table de marbre vert. Nous regardions les côtes s'enfuir, heureux et fiers comme tous ceux qui voyagent peu.
    Mon père tendait son ventre, sous sa redingote dont on avait, le matin même, effacé avec soin toutes les taches, et il répandait autour de lui cette odeur de benzine des jours de sortie, qui me faisait reconnaître les dimanches.
    Tout à coup, il avisa deux dames élégantes à qui deux messieurs offraient des huîtres. Un vieux matelot déguenillé ouvrait d'un coup de couteau les coquilles et les passait aux messieurs qui les tendaient ensuite aux dames. Elles mangeaient d'une manière délicate, en tenant l'écaille sur un mouchoir fin et en avançant la bouche pour ne point tacher leurs robes. Puis elles buvaient l'eau d'un petit mouvement rapide et jetaient la coquille à la mer.
    Mon père, sans doute, fut séduit par cet acte distingué de manger des huîtres sur un navire en marche. Il trouva cela bon genre, raffiné, supérieur, et il s'approcha de ma mère et de mes soeurs en demandant :
    - Voulez-vous que je vous offre quelques huîtres ?
    Ma mère hésitait, à cause de la dépense ; mais mes deux soeurs acceptèrent tout de suite. Ma mère dit, d'un ton contrarié :
    - J'ai peur de me faire mal à l'estomac. Offre ça aux enfants seulement, mais pas trop, tu les rendrais malades.
    Puis, se tournant vers moi, elle ajouta :
    - Quant à joseph, il n'en a pas besoin ; il ne faut point gâter les garçons.
    Je restai donc à côté de ma mère, trouvant injuste cette distinction. Je suivais de l'oeil mon père, qui conduisait pompeusement ses deux filles et son gendre vers le vieux matelot déguenillé.
    Les deux dames venaient de partir, et mon père indiquait à mes soeurs comment il fallait s'y prendre pour manger sans laisser couler l'eau ; il voulut même donner l'exemple et il s'empara d'une huître. En essayant d'imiter les dames, il renversa immédiatement tout le liquide sur sa redingote et j'entendis ma mère murmurer :
    - Il ferait mieux de se tenir tranquille.
    Mais tout à coup mon père me parut inquiet ; il s'éloigna de quelques pas, regarda fixement sa famille pressée autour de l'écailleur, et, brusquement, il vint vers nous. Il me sembla fort pâle, avec des yeux singuliers. Il dit, à mi-voix, à ma mère.
    - C'est extraordinaire, comme cet homme qui ouvre les huîtres ressemble à Jules.
    Ma mère, interdite, dernanda :
    - Quel Jules ?...
    Mon père reprit :
    - Mais... mon frère... Si je ne le savais pas en bonne position en Amérique, je croirais que c'est lui.
    Ma mère effarée balbutia :
    - Tu es fou ! Du moment que tu sais bien que ce n'est pas lui, pourquoi dire ces bêtises-là ?
    - Va donc le voir, Clarisse ; j'aime mieux que tu t'en assures toi-même, de tes propres yeux.
    Elle se leva et alla rejoindre ses filles. Moi aussi, je regardais l'homme. Il était vieux, sale, tout ridé, et ne détournait pas le regard de sa besogne.
    Ma mère revint. Je m'aperçus qu'elle tremblait. Elle prononça très vite :
    - Je crois que c'est lui. Va donc demander des renseignements au capitaine. Surtout sois prudent, pour que ce garnement ne nous retombe pas sur les bras, maintenant !
    Mon père s'éloigna, mais je le suivis. Je me sentais étrangement ému.
    Le capitaine, un grand monsieur, maigre, à longs favoris, se promenait sur la passerelle d'un air important, comme s'il eût commandé le courrier des Indes.
    Mon père l'aborda avec cérémonie, en l'interrogeant sur son métier avec accompagnement de compliments :
    Quelle était l'importance de Jersey ? Ses productions ? Sa population ? Ses moeurs ? Ses coutumes ? La nature du sol, etc., etc.
    On eût cru qu'il s'agissait au moins des Etats-Unis d'Amérique.
    Puis on parla du bâtiment qui nous portait, l'Express, puis on en vint à l'équipage. Mon père, enfin, d'une voix troublée :
    - Vous avez là un vieil écailleur d'huîtres qui parait bien intéressant. Savez-vous quelques détails sur ce bonhomme ?
    Le capitaine, que cette conversation finissait par irriter, répondit sèchement :
    - C'est un vieux vagabond français que j'ai trouvé en Amérique l'an dernier, et que j'ai rapatrié. Il a, parait-il, des parents au Havre, mais il ne veut pas retourner près d'eux, parce qu'il leur doit de l'argent. Il s'appelle Jules... Jules Darmanche ou Darvanche, quelque chose comme ça, enfin. Il parait qu'il a été riche un moment là-bas, mais vous voyez où il en est réduit maintenant.
    Mon père, qui devenait livide, articula, la gorge serrée, les yeux hagards :
    - Ah' ah, très bien... fort bien... Cela ne m'étonne pas... Je vous remercie beaucoup, capitaine.
    Et il s'en alla, tandis que le marin le regardait s'éloigner avec stupeur.
    Il revint auprès de ma mère, tellement décomposé qu'elle lui dit :
    - Assieds-toi ; on va s'apercevoir de quelque chose.
    Il tomba sur le banc en bégayant :
    - C'est lui, c'est bien lui !
    Puis il demanda.
    - Qu'allons-nous faire ?...
    Elle répondit vivement.
    - Il faut éloigner les enfants. Puisque Joseph sait tout, il va aller les chercher. Il faut prendre garde surtout que notre gendre ne se doute de rien.
    Mon père paraissait atterré. Il murmura :
    - Quelle catastrophe !
    Ma mère ajouta, devenue tout à coup furieuse :
    - Je me suis toujours doutée que ce voleur ne ferait rien, et qu'il nous retomberait sur le dos ! Comme si on pouvait attendre quelque chose d'un Davranche !... Et mon père se passa la main sur le front, comme il faisait sous les reproches de sa femme.
    Elle ajouta :
    - Donne de l'argent à Joseph pour qu'il aille payer ces huîtres, à présent. Il ne manquerait plus que d'être reconnu par ce mendiant. Cela ferait un joli effet sur le navire. Allons-nous-en à l'autre bout, et fais en sorte que cet homme n'approche pas de nous !
    Elle se leva, et ils s'éloignèrent après m'avoir remis une pièce de cent sous.
    Mes soeurs, surprises, attendaient leur père. J'affirmai que maman s'était trouvée un peu gênée par la mer, et je demandai à l'ouvreur d'huîtres :
    - Combien est-ce que nous vous devons, monsieur ?
    J'avais envie de dire : mon oncle.
    Il répondit :
    - Deux francs cinquante.
    Je tendis mes cent sous et il me rendit la monnaie.
    Je regardais sa main, une pauvre main de matelot toute plissée, et je regardais son visage, un vieux misérable visage, triste, accablé, en me disant :
    "C'est mon oncle, le frère de papa, mon oncle !"
    Je lui laissai dix sous de pourboire. Il me remercia :
    - Dieu vous bénisse, mon jeune monsieur !
    Avec l'accent d'un pauvre qui reçoit l'aumône. Je pensai qu'il avait dû mendier, là-bas !
    Mes soeurs me contemplaient, stupéfaites de ma générosité.
    Quand je remis les deux francs à mon père, ma mère, surprise, demanda :
    - Il y en avait pour trois francs ?... Ce n'est pas possible.
    - J'ai donné dix sous de pourboire.
    Ma mère eut un sursaut et me regarda dans les yeux :
    - Tu es fou ! Donner dix sous à cet homme, à ce gueux !...
    Elle s'arrêta sous un regard de mon père, qui désignait son gendre.
    Puis on se tut.
    Devant nous, à l'horizon, une ombre violette semblait sortir de la mer. C'était Jersey.
    Lorsqu'on approcha des jetées, un désir violent me vint au coeur de voir encore une fois mon oncle Jules, de m'approcher, de lui dire quelque chose de consolant, de tendre.
    Mais, comme personne ne mangeait plus d'huîtres, il avait disparu, descendu sans doute au fond de la cale infecte où logeait ce misérable.
    Et nous sommes revenus par le bateau de Saint-Malo, pour ne pas le rencontrer. Ma mère était dévorée d'inquiétude.
    Je n'ai jamais revu le frère de mon père !
    Voilà pourquoi tu me verras quelquefois donner cent sous aux vagabonds.

7 août 1883

Par Gunncyclopédie
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Mercredi 11 octobre 2006
Un autre ouvrage de Maupassant sélectionné dans le manuel scolaire chinois.. Bonne lecture!!
J'espère que ce genre de tragédies n'existent plus dans la société contemporaine.. Une évolution de la civilisation...

LA PARURE

C'était une de ces jolies et charmantes filles, nées, comme par une erreur du destin, dans une famille d'employés. Elle n'avait pas de dot, pas d'espérance, aucun moyen d'être connue, comprise, aimée, épousée par un homme riche et distingué ; et elle se laissa marier avec un petit commis du ministère de l'Instruction publique.
Elle fut simple ne pouvant être parée, mais malheureusement comme une déclassée, car les femmes n'ont point de caste ni de race, leur beauté, leur grâce et leur charme leur servant de naissance et de famille. Leur finesse native, leur instinct d'élégance, leur souplesse d'esprit, sont leur seule hiérarchie, et font des filles du peuple les égales des plus grandes dames.
Elle souffrait sans cesse, se sentant née pour toutes les délicatesses et tous les luxes. Elle souffrait de la pauvreté de son logement, de la misère des murs, de l'usure des sièges, de la laideur des étoffes. Toutes ces choses,dont une autre femme de sa caste ne se serait même pas aperçue, la torturaient et l'indignaient. La vue de la petite Bretonne qui faisait son humble ménage éveillait en elle des regrets désolés et des rêves éperdus. Elle songeait aux antichambres muettes, capitonnées avec des tentures orientales, éclairées par de hautes torchères de bronze, et aux deux grands valets en culotte courte qui dorment dans les larges fauteuils, assoupis par la chaleur lourde du calorifère. Elle songeait aux grands salons vêtus de soie ancienne, aux meubles fins portant des bibelots inestimables, et aux petits salons coquets, parfumés, faits pour la causerie de cinq heures avec les amis les plus intimes, les homme connus et recherchés dont toutes les femmes envient et désirent l'attention.
Quand elle s'asseyait, pour dîner, devant la table ronde couverte d'une nappe de trois jours, en face de son mari qui découvrait la soupière en déclarant d'un air enchanté : " Ah ! le bon pot-au-feu ! je ne sais rien de meilleur que cela..." elle songeait aux dîners fins, aux argenteries reluisantes, aux tapisseries peuplant les murailles de personnages anciens et d'oiseaux étranges au milieu d'une forêt de féerie ; elle songeait aux plats exquis servis en des vaisselles merveilleuses, aux galanteries chuchotées et écoutées avec un sourire de sphinx, tout en mangeant la chair rose d'une truite ou des ailes de gélinotte.
Elle n'avait pas de toilettes,pas de bijoux,rien. Et elle n'aimait que cela ; elle se sentait faite pour cela. Elle eût tant désiré plaire, être enviée, être séduisante et recherchée.
Elle avait une amie riche, une camarade de couvent qu'elle ne voulait plus aller voir, tant elle souffrait en revenant. Et elle pleurait pendant des jours entiers, de chagrin, de regret, de désespoir et de détresse.
Or, un soir, son mari rentra, l'air glorieux, et tenant à la main une large enveloppe.
"Tiens, dit-il, voici quelque chose pour toi."
Elle déchira vivement le papier et en tira une carte imprimée qui portait ces mots :
" Le ministre de l'Instruction publique et Mme Georges Ramponneau prient M. et Mme Loisel de leur faire honneur de venir passer la soirée à l'hôtel du ministère, le lundi 18 janvier."
Au lieu d'être ravie, comme l'espérait son mari, elle jeta avec dépit l'invitation sur la table, murmurant : " Que veux-tu que je fasse de cela ?
- Mais, ma chérie, je pensais que tu serais contente. Tu ne sors jamais, et c'est une occasion, cela, une belle ! J'ai eu une peine infinie à l'obtenir. Tout le monde en veut ; c'est très recherché et on n'en donne pas beaucoup aux employés. Tu verras là tout le monde officiel. "
Elle le regardait d'un oeil irrité, et elle déclara avec impatience : "Que veux-tu que je me mette sur le dos pour aller là ?"
Il n'y avait pas songé ; il balbutia : " Mais la robe avec laquelle tu vas au théâtre. Elle me semble très
bien, à moi..."
Il se tut, stupéfait, éperdu, en voyant que sa femme pleurait. Deux grosses larmes descendaient lentement des coins des yeux vers les coins de la bouche ; il bégaya : "Qu'as-tu ? Qu'as-tu ?"
Mais,par un effort violent,elle avait dompté sa peine et elle répondit d'une voix calme en essuyant ses joues humides : " Rien. Seulement je n'ai pas de toilette et par conséquent je ne peux aller à cette fête. Donne ta carte à quelque collègue dont la femme sera mieux nippée que moi."
Il était désolé. Il reprit : " Voyons, Mathilde. Combien cela coûterait-il, une toilette convenable, qui pourrait te servir encore en d'autres occasions, quelque chose de très simple ?"
Elle réfléchit quelques secondes, établissant ses comptes et songeant aussi à la somme qu'elle pouvait demander sans s'attirer un refus immédiat et une exclamation effarée du commis économe.
Enfin elle répondit en hésitant : " Je ne sais pas au juste, mais il me semble qu'avec quatre cents francs je pourrais arriver."
Il avait un peu pâli,car il réservait juste cette somme pour acheter un fusil et s'offrir des parties de chasse, l'été suivant, dans la plaine de Nanterre, avec quelques amis qui allaient tirer des alouettes, par là, le dimanche.
Il dit cependant : "Soit. Je te donne quatre cents francs. Mais tâche d'avoir une belle robe."

Le jour de la fête approchait, et Mme Loisel semblait triste, inquiète, anxieuse. Sa toilette était prête cependant. Son mari lui dit un soir : "Qu'as-tu ? Voyons, tu es toute drôle depuis trois jours."
Et elle répondit : "Cela m'ennuie de n'avoir pas un bijou,pas une pierre,rien à mettre sur moi. J'aurai l'air misère comme tout. J'aimerais presque mieux ne pas aller à cette soirée."
Il reprit : "Tu mettras des fleurs naturelles. C'est très chic en cette saison-ci. Pour dix francs tu auras deux ou trois roses magnifiques. "
Elle n'était point convaincue.
"Non ... il n'y a rien de plus humiliant que d'avoir l'air pauvre au milieu de femmes riches."
Mais son mari s'écria : "Que tu es bête ! Va trouver ton amie Mme Forestier et demande-lui de te prêter des bijoux. Tu es bien assez liée avec elle pour faire cela."
Elle poussa un cri de joie : "C'est vrai. Je n'y avais point pensé. "

Le lendemain, elle se rendit chez son amie et lui conta sa détresse.
Mme Forestier alla vers son armoire à glace, prit un large coffret, l'apporta, l'ouvrit, et dit à Mme Loisel : "Choisis, ma chère."
Elle vit d'abord des bracelets, puis un collier de perles, puis une croix vénitienne, or et pierreries, d'un admirable travail. Elle essayait les parures devant la glace, hésitait, ne pouvait se décider à les quitter, à les rendre. Elle demandait toujours :
"Tu n'as plus rien d'autre ?
- Mais si. Cherche. Je ne sais pas ce qui peut te plaire. "
Tout à coup elle découvrit, dans une boîte de satin noir, une superbe rivière de diamants; et son coeur se mit à battre d'un désir immodéré. Ses mains tremblaient en la prenant. Elle l'attacha autour de sa gorge, sur sa robe montante, et demeura en extase devant elle-même.
Puis, elle demanda, hésitante, pleine d'angoisse : "Peux-tu me prêter cela, rien que cela ?
- Mais oui, certainement. "
Elle sauta au cou de son amie. l'embrassa avec emportement, puis s'enfuit avec son trésor.

Le jour de la fête arriva. Mme Loisel eut un succès. Elle était plus jolie que toutes, élégante, gracieuse, souriante et folle de joie. Tous les hommes la regardaient, demandaient son nom, cherchaient à être présentés. Tous les attachés du cabinet voulaient valser avec elle. Le ministre la remarqua.
Elle dansait avec ivresse, avec emportement, grisée par le plaisir, ne pensant plus à rien, dans le triomphe de sa beauté, dans la gloire de son succès, dans une sorte de nuage de bonheur fait de tous ces hommages, de toutes ces admirations, de tous ces désirs éveillés, de cette victoire si complète et si douce au coeur des femmes.
Elle partit vers quatre heures du matin. Son mari, depuis minuit, dormait dans un petit salon désert avec trois autres messieurs dont les femmes s'amusaient beaucoup.
Il lui jeta sur les épaules les vêtements qu'il avait apportés pour la sortie, modestes vêtements de la vie ordinaire, dont la pauvreté jurait avec l'élégance de la toilette de bal. Elle le sentit et voulut s'enfuir, pour ne pas être remarquée par les autres femmes qui s'enveloppaient de riches fourrures.
Loisel la retenait : "Attends donc. Tu vas attraper froid dehors. Je vais appeler un fiacre."
Mais elle ne l'écoutait point et descendait rapidement l'escalier. Lorsqu'ils furent dans la rue, ils ne trouvèrent pas de voiture ; et ils se mirent à chercher,criant après les cochers qu'ils voyaient passer de loin.
Ils descendaient vers la Seine, désespérés, grelottants. Enfin ils trouvèrent sur le quai un de ces vieux coupés noctambules qu'on ne voit dans Paris que la nuit venue, comme s'ils eussent été honteux de leur misère pendant le jour.
Il les ramena jusqu'à leur porte, rue des Martyrs, et ils remontèrent tristement chez eux.
C'était fini, pour elle. Et il songeait, lui, qu'il lui faudrait être au Ministère à dix heures.
Elle ôta les vêtements dont elle s'était enveloppé les épaules, devant la glace, afin de se voir encore une fois dans sa gloire. Mais soudain elle poussa un cri. Elle n'avait plus sa rivière autour du cou !
Son mari, à moitié dévêtu déjà, demanda : " Qu'est-ce que tu as ? "
Elle se tourna vers lui, affolée : "J'ai... j'ai... je n'ai plus la rivière de Mme Forestier. "
Il se dressa, éperdu : "Quoi !... comment!... Ce n'est pas possible!"
Et ils cherchèrent dans les plis de la robe, dans les plis du manteau, dans les poches, partout. Ils ne la trouvèrent point.
Il demandait : " Tu es sûre que tu l'avais encore en quittant le bal ?
- Oui, je l'ai touchée dans le vestibule du ministère.
- Mais, si tu l'avais perdue dans la rue, nous l'aurions entendue tomber. Elle doit être dans le fiacre.
- Oui. C'est probable. As-tu pris le numéro ?
- Non. Et toi, tu ne l'as pas regardé ?
- Non."
Ils se contemplaient atterrés. Enfin Loisel se rhabilla.
"Je vais, dit-il, refaire tout le trajet que nous avons fait à pied, pour voir si je ne la retrouverai pas. "
Et il sortit. Elle demeura en toilette de soirée, sans force pour se coucher, abattue sur une chaise, sans feu, sans pensée.
Son mari rentra vers sept heures. Il n'avait rien trouvé.
Il se rendit à la préfecture de Police, aux journaux, pour faire promettre une récompense, aux compagnies de petites voitures, partout enfin où un soupçon d'espoir le poussait.
Elle attendit tout le jour, dans le même état d'effarement devant cet affreux désastre.
Loisel revint le soir, avec la figure creusée, pâlie ; il n'avait rien découvert.
"Il faut, dit-il, écrire à ton amie que tu as brisé la fermeture de sa rivière et que tu la fais réparer. Cela nous donnera le temps de nous retourner. "
Elle écrivit sous sa dictée.

Au bout d'une semaine, ils avaient perdu toute espérance.
Et Loisel, vieilli de cinq ans, déclara : " Il faut aviser à remplacer ce bijou."
Ils prirent, le lendemain, la boîte qui l'avait renfermé, et se rendirent chez le joaillier, dont le nom se trouvait dedans. Il consulta ses livres : " Ce n'est pas moi, madame, qui ai vendu cette rivière ; j'ai dû seulement fournir l'écrin."
Alors ils allèrent de bijoutier en bijoutier, cherchant une parure pareille à l'autre, consultant leurs souvenirs, malades tous deux de chagrin et d'angoisse. Ils trouvèrent, dans une boutique du Palais-Royal, un chapelet de diamants qui leur parut entièrement semblable à celui qu'ils cherchaient. Il valait quarante mille francs. On le leur laisserait à trente-six mille.
Ils prièrent donc le joaillier de ne pas le vendre avant trois jours. Et ils firent condition qu'on le reprendrait, pour trente-quatre mille francs, si le premier était retrouvé avant la fin de février.
Loisel possédait dix-huit mille francs que lui avait laissés son père. Il emprunterait le reste.
Il emprunta, demandant mille francs à l'un, cinq cents à l'autre, cinq louis par-ci, trois louis par-là. Il fit des billets, prit des engagements ruineux, eut affaire aux usuriers, à toutes les races de prêteurs. Il compromit toute la fin de son existence, risqua sa signature sans savoir même s'il pourrait y faire honneur, et, épouvanté par les angoisses de l'avenir, par la noire misère qui allait s'abattre sur lui, par la perspective de toutes les privations physiques et de toutes les tortures morales, il alla chercher la rivière nouvelle, en déposant sur le comptoir du marchand trente-six mille francs.
Quand Mme Loisel reporta la parure à Mme Forestier, celle-ci lui dit, d'un air froissé : "Tu aurais dû me la rendre plus tôt, car, je pouvais en avoir besoin." Elle n'ouvrit pas l'écrin, ce que redoutait son amie. Si elle s'était aperçue de la substitution, qu'aurait-elle pensé ? Ne l'aurait-elle pas prise pour une voleuse ?

Mme Loisel connut la vie horrible des nécessiteux. Elle prit son parti, d'ailleurs, tout d'un coup, héroïquement. Il fallait payer cette dette effroyable. Elle payerait. On renvoya la bonne ; on changea de logement ; on loua sous les toits une mansarde.
Elle connut les gros travaux du ménage, les odieuses besognes de la cuisine. Elle lava la vaisselle, usant ses ongles roses sur les poteries grasses et le fond des casseroles. Elle savonna le linge sale, les chemises et les torchons, qu'elle faisait sécher sur une corde ; elle descendit à la rue, chaque matin, les ordures, et monta l'eau, s'arrêtant à chaque étage pour souffler. Et, vêtue comme une femme du peuple, elle alla chez le fruitier, chez l'épicier, chez le boucher, le panier au bras, marchandant, injuriée, défendant sou à sou son misérable argent. Il fallait chaque mois payer des billets, en renouveler d'autres, obtenir du temps. Le mari travaillait,le soir,à mettre au net les comptes d'un commerçant, et la nuit, souvent, il faisait de la copie à cinq sous la page.

Et cette vie dura dix ans.

Au bout de dix ans, ils avaient tout restitué, tout, avec le taux de l'usure, et l'accumulation ses intérêts superposés.
Mme Loisel semblait vieille, maintenant. Elle était devenue la femme forte, et dure, et rude, des ménages pauvres. Mal peignée, avec les jupes de travers et les mains rouges, elle parlait haut, lavait à grande eau les planchers. Mais parfois, lorsque son mari était au bureau, elle s'asseyait auprès de la fenêtre, et elle songeait à cette soirée d'autrefois, à ce bal, où elle avait été si belle et si fêtée.
Que serait-il arrivé si elle n'avait point perdu cette parure?
Qui sait? qui sait? Comme la vie est singulière, changeante ! Comme il faut peu de chose pour vous perdre ou vous sauver !

Or,un dimanche,comme elle était allée faire un tour aux Champs-Elysées pour se délasser des besognes de la semaine, elle aperçut tout à coup une femme qui promenait un enfant.
C'était Mme Forestier,toujours jeune,toujours belle,toujours séduisante.
Mme Loisel se sentit émue. Allait-elle lui parler ? Oui, certes. Et maintenant qu'elle avait payé, elle lui dirait tout. Pourquoi pas ?
Elle s'approcha.
"Bonjour, Jeanne."
L'autre ne la reconnaissait point, s'étonnant d'être appelée ainsi familièrement par cette bourgeoise. Elle balbutia :
"Mais... madame !... Je ne sais... Vous devez vous tromper.
- Non. Je suis Mathilde Loisel."
Son amie poussa un cri :
"Oh ! . . . ma pauvre Mathilde , comme tu es changée ! ...
- Oui, j'ai eu des jours bien durs, depuis que je ne t'ai vue ; et bien des misères... et cela à cause de toi !...
- De moi... Comment ça ?
- Tu te rappelles bien cette rivière de diamants que tu m'as prêtée pour aller à la fête du ministère.
- Oui. Eh bien ?
- Eh bien, je l'ai perdue.
- Comment ! puisque tu me l'as rapportée.
- Je t'en ai rapporté une autre toute pareille. Et voilà dix ans que nous la payons. Tu comprends que ça n'était pas aisé pour nous, qui n'avions rien... Enfin c'est fini, et je suis rudement contente."
Mme Forestier s'était arrêtée.
" Tu dis que tu as acheté une rivière de diamants pour remplacer la mienne ?
- Oui. Tu ne t'en étais pas aperçue,hein? Elles étaient bien pareilles."
Et elle souriait d'une joie orgueilleuse et naïve.
Mme Forestier, fort émue, lui prit les deux mains.
" Oh ! ma pauvre Mathilde ! Mais la mienne était fausse. Elle valait au plus cinq cents francs !..."

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Mercredi 22 novembre 2006
"C'est une histoire de guerre et d'amitié, l'histoire d'un pays en ruine et de la volonté de vivre d'un homme". "Le Déchirure" étonnait le monde entier qui, jusqu'à l'époque, ne comprenaient pas au point réel ce qui s'était passé au Cambodge lors du régime communiste de khmer rouge.
L'acteur qui jouait Dith Pran a remporté le prix Oscar du meilleur second rôle en 1985. Il n'avais jamais joué aucun rôle avant ce film, cependant ses propres expériences étaient bien plus réelles et plus misérables que celles de Dith Pran, le protagoniste du film.
Haing Ngor, un réfugié cambodgien qui avait survécu quatre ans de tortures, de désespoir, de misères sous le régime khmer rouge était médécin militaire avant la révolution.  Etant tombé en esclavage, ayant peur de ne pas pouvoir survivre jusqu'à lendemain, il se disait qu'un jour quand le régime tombera, il irait raconter au monde entier toutes les misères qu'il a survécu, que la nation cambodgienne a survécu. son livre "Haing Ngor: A Cambodian Odyssey" ("Haing: une Odyssée cambodgienne") sortait en 1988.

J'ai emprunté un exemplaire à la bibliothèque d'Alliance française de Singapour par hasard sans connaître ce que j'allais lire. Mais une fois je commencais, je n'ai pas pu m'empêcher de le continuer jusqu'à la dernière page.

J'ai été profondement attiré par ce récit bien réel et étonné par la brutalité des Khmers rouges. Lorsque la ville de Phnom Penh était prise par les guérillas khmers rouges. Peu de gens décidaient de s'enfuir -- ils ne connaissaient pas encore ce qui leur arrivera. Comme les autres peuples orientaux, ils ne veulent pas partir de la terre où reposaient leurs ancêtres s'il y a une rasion de rester.

Des soldats analphabètes, des dirigeants incapables,  une idéologie fanatique... Ce que les Khmers rouges pourraient amener au Cambodge n'était qu'une catastrophe.
Ils tentaient de créer une société pure, khmère et agriculturelle par éliminer toutes personnes qui posaient des ennuis à 'la nouvelle société' et à la révolution. Une petite faute commise pouvait terminer par l'exécution. Tout le monde était forcé de travailler sur les projets primitifs qui irait sans doute échouer à cause de l'absence des plannings scientifiques. Les politiques du centre changeait très vite, tel que beaucoup de projets étaient abadonés juste quelques jours avant leur accomplissement. En temps, ils créait une illusion que les enemies étaient partout pour que les hommes se battaient.

Des tortures, des exécutions, des viols, des travails durs, la peur consituaient la vie quotidienne de tous les Cambodgiens, même les dirigeants khmer rouge. Personne ne pouvait vivre tranquilement.  Je ne veux pas discuter sur les détails ici puisque ils sont très cruels. Vous pouvez aller trouver un exemplaire pour avoir un voyage de tous ces misères.

Etant un Chinois, je me sentis une telle honte que le gouvernment chinois a soutenu ces tueurs et n'en parle jamais. Les communistes fanatiques chinois avaient fait la même chose lors de la révolution culturelle, la seule différence est que la version chinoise est moins radicale et moins cruelle. Mais cette différence ne pourra jamais déguiser les crimes qu'ils ont commis à l'humanité.

La tragédie s'est terminé, les Cambodgiens ont commencé à avoir une vie normale, l'économie se progresse comme  ses voisins asiatiques de sud-est. Les touristes à Angkor Wat amenent de l'argent qui est vital pour la reconstruction du pays et l'infrastructure dans la campagne tant que dans les villes.
Mais il ne faut jamais oublier toutes ses souffrances, pour que la même tragédie n'aie lieu jamais.
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Samedi 23 décembre 2006
l'héro est tombé dans une époque très étrangère et très éloignée de le sien... Après le choc et quelques contes drôles au début, il finit par aider quelqu'un de cette époque d'achever un projet formidable, ou par contrecarrer une conspiration de sabotage...  Finalement il doit rentrer à sa terre (on époque) natale, avec une scène d'adieu remplie d'émotions. Les gens qu'il a rencontré le manquent pour toute sa vie, fin de l'histoire.

Est-ce que celui au dessus semble d'être un sénario très familier à vous? Oui, dans le roman 'l'Empire des Dragons' dont je viens de finir la lecture,  Valerio Massimo Manfredi a utilisé la même stratégie; mais cette fois, c'est la différence géographique qui compte..

 Le légat de légion Marcus Metellus Aquila, chef de la garde personnelle de Valérien, empereur des Romains, est tombé dans un piège. Capturé, humilié, il réussit à s'évader et vient en aide à un mystérieux prince chinois dont le pouvoir a été usurpé par son ennemi mortel, l'eunuque Wei, et ses terribles guerriers, 'les Renards volants'. Commence alors une expédition riche en péripéties qui mènera Metellus et ses hommes au coeur de la Chine, à la découverte d'une civilisation cruelle et raffinée.

Bien qu'il soit très connu pour ces romans d'histoire occidentale (le film Alexandre est une adaptation de ses ouvrages à propos de ce grand conquérent), Manfredi a fait pas mal d'erreurs sur la culture et les traditions chinoises dans ce roman.. Néanmoins, ce livre me rappelle de Zhelaizhai et son lien possible avec une légion romaine perdue dans l'est.

Récemment le mythe cyculant sur l'origine des simples paysans du village Zhelaizhai (者来寨) a attiré beaucoup d'historiens et archéologues... Le village se trouve dans la province du Gansu, un terre pauvre dans le nordest de la Chine, sur l'ancienne route de la soie. La plupart des habitants de ce petit village ont des caractéristiques très européennes. Certaines coutumes des villageois ici ressemblent tellement celles des pays méditerranéens et n'ont rien a voir avec celles des leur voisins dans les villages chinois à proximité. En plus, tous les tombeaux se dirigent vers l'ouest..

Les disciples associent, naturellement, ces humble villageois à la légion romaine de Carassus perdue après avoir échapé au massacre par les Parthes à la bataille de Carrhes. Presque en même temps, les historiens chinoise remarquèrent un groupe de mercennaires très bizzares dans l'armée de Xiongnu(Huns). Selon les ouvrages de ces historiens, ces soldats "barbares" purent se protéger par une formation qui ressembla aux écailles de poissons; cela fut exactement le "testudo" -- la formation typiquement romaine sous laquelle les soldats utilisent leur boucliers à couvrir leur groupe, une formation ressemblant énormement à la coquille de tortue.
Les mercennaires furent vaincus finalement par les Chinois et plus de 1000 entre eux furent autorisés de s'installer à la frontière chinoise. L'empereur chinois de Han dynastie créa une comté pour eux qui s'appela Liqian(骊靬), dont la prononciation ressemble à celle de Légion en latin (Legio). Comme beaucoup de villes dans cette région extrême ouest de la terre chinois, Liqian reste mysérieux pour nous qui vivons dans une société moderne.

Un test de DNA a preuvé que ces villageois sont à l'origine européennes. Mais en ce moment le lien entre eux et la légion romaine perdue reste un mythe.. Nous avons besoin plus d'évidences concrètes pour connaître la vérité. Ou il se peut que l'on ne sache jamais...

Peut-être que les italiens pourraient faire quelque chose pour leurs pauvres cousins éloignés?

Pour ceux qui veulent en savoir plus, voici le lien d'un reportage de l'expresse.



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Vendredi 5 janvier 2007
Les années trentes et quarantes du siècle dernier, l'Europe fut couverte par l'atmoshpère de communisime... Beaucoup d'intellectuels furent trompés par les illusions créées sur le modèle sociale en Union Soviétique. En plus, la Russie fut allié de la coalition contre fascisme à l'époque, donc ce fut presque impossible de la critiquer sans avoir intervention du gouvernement même dans le monde libre - l'Europe de l'Ouest et les Etats-Unis.
Néanmoins, dans l'océan des louanges, il y eut quelques voix lucides. Ces personnes sceptique sur l'exercice de 'socialisme' en Russie et ils osèrent parler au public de leur doute et de leurs critiques de ce 'meilleur modèle de la société' cru par beaucoup de monde.

"La ferme des Animaux" (Animal Farm) est un de ces ouvrages prophétique, une fable satirique qui décrivit . La métaphor était assez explicite - on trouve, assez facilement, une telle ressemblance à ce qui se fut passé sous le régime de Stalin.

L'autuer, George Orwell, de son vrai nom Eric Arthur Blair, est né en l'Inde - à l'époque une colonie anglaise. Après ses études à Eton -le meilleur lycée en Angleterre, il rejoingnait la police en Burmanie - une autre colonie anglaise, où il était déçu par le conduit et les atrocité de ses collègues. Ayant doute de colonisme et de pouvoir totalitaire, il a quité son service. 
Etant  partisan de gauche, il a participé à la guerre civile d'Espagne. Il était directement au combat et blessé à la gorge. Plus important, il vit la lutt entre différents groupes de gauche sous la troisième internationale, surtout l'intention de Stalin de contrôler toute la gauche et d'éliminer les autres facteur. La lutte était féorce et beaucoup de gauchistes libres étaient torturés ou éxecutés, les autres vivaient en terror. C'est à cette époque qu'il a développé sérieusement la doute de l'Union Soviétique et de régime totalitaire sous le nom de communisme.

"La ferme des animaux" et une autre fable du même autuer - plus éminente  "1984" montrent, par allusion très explicite, le danger de modèle russe de "socialisme" et ses effets suffoquant aux membres de la société. L'auteur a connu, avant beaucoup d'autres, que le pouvoir absolu ne se dirigera jamais au bien-être d'une société et tous ces membres.

Néanmoins, après tout il fut toujours croyant de socialisme et de bien-être de toute l'humanité. Ce qu'il a cru, était que l'eventualité de socialisme devrait construire sur la détruction du mythe soviétique.

Malheursement, le monde n'avait pas eu assez d'intention sur toutes ces voix prophétiques.. Le modèle soviétique de communisme -ou plutôt totalitarisme - a été installé dans beaucoup de pays en Europe, en Asie, en L'Amérique Latine et en Afrique... Les cauchemar de la Révolution Culturelle en Chine et le contrôle de pouvoir par Khmer Rouge au Cambodge menaient la cruelté et l'anti-humanité à leur extrême..

Lors de sa lecture, j'ai très impréssionné de l'allusion exprimée dans "la ferme des animaux" - - elle ressemble tellement ce que nous avons apris en Chine quand on était jeunes, au début des années 1990s. La pratique souviétique de communiste a été déjà prouvé d'être un échec et une grande catastrophe à l'humanité. je suis content que la Chine se soit finalement  retourné à embrasser un monde libre, un monde remplie d'opprtunités pour les individus, un monde où les pensées sont respectées..

Que "la ferme des animaux" demeure comme un avertissement pour que notre société ne tombe jamais au totalitarisme.. Toute l'humanité aura le même destin...
Par Gunncyclopédie
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Mercredi 27 août 2008
Une épigramme de Martial (Marcus Valerius Martialis), poète romain d'origine espagnole.


Núper erat medicus, nunc est vespillo Diaulus:

quod vespillo facit, fécerat et medicus.



Récemment Diaulus était médécin, maintenant il est fossoyeur; ce que le fossoyeur fait, le médécin avait déjà fait.

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